Edition 2016

 

La Conférence Transports en bref

Le 10 Juin 2016, se tenait à Bordeaux la conférence annuelle de RÉUNIR. Cette année, la thématique choisie pour débattre entre spécialistes était la Loi Notre – son application, les questions qu’elle pose. Promulguée il y a déjà presque un an, elle vient rebattre les cartes en termes de compétences transport, dans un paysage déjà très mouvant. 

Que dit la loi NOTRe ? Que ne dit-elle pas ? Quels sont ses impacts sur le territoire ? Est-elle un élément de déstabilisation pour un gain (de coordination, de productivité) improbable, est-elle au contraire une opportunité ? Comment les acteurs du transport doivent réagir ? Les débats furent riches, les propos directs et concrets. « Nous voulons offrir un espace d’échanges concrets, expliquait en introduction Eric Ritter, Directeur général de RÉUNIR. Un espace où les élus peuvent aussi rencontrer l’ensemble des PME adhérentes (…) Notre environnement change ; en même temps, ce n’est plus uniquement de transports, dont il s’agit, mais de mobilité. Cette nécessité, nous l’avons intégrée ». 

  
Eric RITTER, directeur général de RÉUNIR, a ouvert la Conférence Transports   Gilles DANSART, directeur de Mobilettre a animé les débats de la matinée

Des mutations de la part des usagers, ou plutôt des « clients » comme aime à le rappeler Alain-Jean Berthelet, Président de Réunir, mais aussi du paysage institutionnel. Ainsi, même si les régions ne sont pas encore prêtes, de l’aveu même du vice-président en charge des transports de la « Nouvelle Aquitaine », Renaud Lagrave, la nécessité de se mettre au diapason de la réforme n’est pas une option. Mieux, la Région s’emploie déjà à s’y conformer, dans un esprit de concertation avec les autres collectivités territoriales, en premier lieu desquelles les conseils départementaux, acteurs de proximité. « Il faudra, comme l’explique Jean-Michel Gadrat, ancien Président du Gart (Groupement Responsable des Autorités Organisatrices de transport, créé en 1981), gérer quelques frottements » : assurer des financements, dans un contexte évolutif et restreint ; discuter des conventionnements, dans une réalité hétérogène et sensible ; traiter la question des infrastructures, sans vrai mode d’emploi… C’est cela aussi la décentralisation confrontée aux besoins de mobilité. Une nécessité d’ajustements permanents, ou les acteurs semblent toujours insuffisamment préparés à vivre l’évolution qui les touche, même lorsqu’il s’agit d’appliquer un texte dans les tuyaux depuis un moment, comme c’est le cas avec la loi Notre. Mais des élus déterminés. Tant la mobilité est devenue cruciale pour nos concitoyens et les entreprises dans nos sociétés ouvertes et connectées (domicile travail, études, loisirs, etc.) ; le thème reviendra constamment dans les échanges. 

Une certaine effervescence règne en « Nouvelle Aquitaine » autour des problématiques de la mobilité (pas simplement la mise en œuvre du texte, mais l’articulation de toutes compétences : réaliser l’intermodalité, souci de proximité). Dans ce contexte mouvant, « Bordeaux Métropole » entend jouer un rôle attractif – encore plus avec l’arrivée de la nouvelle ligne LGV, d’ici à 2017, soulignait M. Christophe Duprat, vice-président en charge des transports. « C’est une grande responsabilité qui nous est confiée, a-t-il également rappelé, avant d’avancer l’idée d’un syndicat mixte rassemblant l’ensemble des autorités organisatrices de transport ». De leur côté, « les départements joueront le jeu » ont rappelé dans un bel unanimisme Dominique Bussereau (président de l’Assemblée des départements de France), pour la Charente Maritime, et Anne-Laure Fabre-Nadler pour la Gironde ; ce n’est pas si rare au fond, entre personnalités de sensibilité politique différente, lorsqu’il s’agit de transports collectifs. Dans le cas d’une région élargie (trois anciennes régions : Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes), un dosage savant devra manifestement être mis en place entre un niveau régional qui entend être au rendez-vous de la réforme et des départements qui savent à quel point les transports collectifs sont un importants pour leurs concitoyens et semblent ne pas vouloir-pouvoir s’en désintéresser. 

Des propos qui ont retenti comme un défi pour les très nombreux autocaristes présents dans la salle (plus d’une centaine), auxquels s’étaient joints des représentants de Groupes, des experts, des fournisseurs, etc. Des PME qui vivent implantées dans les territoires ; des PME qui restent principalement liées aux collectivités et cherchent à évoluer pour rester dans la course…Des PME qui ont vécu de près l’ouverture du marché créée par la loi Macron (c’est Réunir qui a créé la marque « Starshipper » en 2012), soulignait Eric Ritter, avec une conclusion : « si le modèle économique des lignes libéralisées reste encore à trouver, personne ne peut nier que la clientèle existe, ce qui n’était rien de moins évident au même des débats parlementaires ».

Jean-Michel GADRAT, ancien président du GART et Julien DE LABACA, spécialiste des nouvelles mobilités ont ouvert les débats.

 

 

 

 

 

Dominique BUSSEREAU, ancien ministre, député et président de la Charente-Maritime et de l'ADF, Christophe DUPRAT, vice-président en charge des Transports et du Stationnement de Bordeaux Métropole, Anne-Laure FABRE-NADLER, Vice-présidente en charge des Mobilités de la Gironde et Renaud LAGRAVE, vice-président en charge des infrastructures, des transports et des mobilités de la Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes étaient présents pour débattre autour des enjeux de leurs territoires. Ils ont été rejoint en fin de matinée par Alain-Jean BERTHELET, président de RÉUNIR.
Michel SEYT, président de la FNTV a pu échanger avec les élus. Plus de 150 personnes s'étaient réuni au Musée d'art contemporain de Bordeaux.